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19 déc. 2011

Ô neutre ennemi!

Vois ! Il pleut la neige, il neige la pluie

La goutte en flocon métamorphosée.

Voici donc l’idée qui naît à ma pensée :

Demain au balcon quand fuira la nuit

Plutôt qu’un buisson, je verrai fantôme.

Mais un doux fantôme, un comme l’enfant

Amusant la peur, caché de draps blanc.

Spectre souriant qui quitte l’automne.

 

C’est le temps qu’il fait, le temps dans l’espace,

L’espace changeant l’espace d’un temps.

Qu’est-ce que le temps ? Fragment de néant.

Qu’est-ce que l’espace ? Une simple trace.

 

Je ne suis pas dupe ! Ô mensonge trouble !

Je vois la beauté ! Qu’est-elle vraiment ?

Souvenir, mémoire ou bien jugement ?

Je vois la beauté ! Tu n’en vois qu’un double.

 

Que dis-tu ? La beauté ne serait qu’artifice ?

Ô monstre que dis-tu ? Je ne mange qu’un vide ?

Rassure-toi mon cher, la laideur est livide

Son visage est le même. Ignore tous caprices.

 

Explique-moi alors pourquoi en mon esprit

J’en ai une vision et de nombreux critères ?

Pourquoi ma conviction est partout sur la terre ?

C’est qu’elle naît bien sûr du fond de ton esprit

Et de tous ceux osant porter le nom d’humain.

Réelle la beauté que dans ton monde à toi

Et pas même la même entre des jumeaux roi.

Cette matière là change entre chaque main

Mais ne côtoie jamais les bras de l’univers

Et l’astre le plus beau n’a d’éclat que le tien.

Dans l’espace et le temps ne serait-elle rien

Et rien que solitude où partage n’adhère ?

 

Rien, en effet mon cher. N’est réel que le mot,

Que l’essence du temps, de l’espace et du beau.

Si tu veux partager le charme de ton âme,

Devient dès lors poète et réinvente un charme.

Posté par ulysseh à 10:48 - Poèmes - Laisser un p'tit mot [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


18 déc. 2011

Les oiseaux gris

Que fais-tu donc ainsi ? Mais qu’es-tu devenu ?
Pourquoi parmi le flot d’oiseau fade et brailleur,
Ne contemple-tu plus ceux qui semble d’ailleurs ?
Les allures de fées ne sont-elles donc plus
Celles qui d’un regard foudroyaient ton iris ;
Et d’un battement d’aile au battement de cœur
Remaniaient ton esprit en onde sans torpeur ?
Cet Eden infernal aux délicieux supplices ;
Où est-il ? Où est-il ? Tu le chérissais tant.
La crise était la joie et l’insondable un astre ;
Sentir ton corps en cendre et ton cœur un désastre
Donnait à ton esprit des chemins si tentant.

 

Tu veux savoir ? Mais moi-même ne comprends plus !
Un coup d’œil au dehors vers la foule d’oiseaux
Je ne vois de colombe et ne vois nul corbeau.
Ils sont tous gris, médiocre, et fade, et plat, et nu !
Moi-même, ce Toucan insatiable, mon bec,
Mon pauvre bec, hélas, délavé par la pluie
N’a de chants à donner qu’aux mouettes de l’oublie.
Je n’ai plus de régal ; les plumages sont secs.
Ils ont le corps rugueux ; je les voudrais de soie.
« Exotiques oiseaux qui jonchaient l’Amazone
Aujourd’hui n’êtes plus que des pigeons aphones ! »
Ils volent comme des oies, mais leur vol me déçoit.
 

Voyons, ce n’est pas eux ! C’est toi qui te méprends !
Ceux que tu traites là n’ont fait métamorphose.
C’est toi, ô daltoniens, toi qui en est la cause.
Ta vision se dégrade, poète vieillissant !
Ridé bien avant l’âge, es-tu bien trop lucide ?
Le monde d’onirisme où tu trouvais asile,
Le refuge de songe accueillant ton exil,
Vois le s’effondrer d’un chaos insipide.
« Toi, l’homme clairvoyant, tu es poète aveugle !
Tu quittes le Parnasse et chutes de Pégase.
Vas-t-en vers l’horizon chercher un vain présage
Là-bas ton dernier ver, la honte que tu beugles ! »

 

Non ! Non ! Ne dis pas ça ! Je ne veux pas partir.
Ne me rejetez pas ! Pardonnez-moi poètes.
Gardez-moi parmi vous, je payerai ma dette.
Je ferai la fusion de raison et désir ;
J’irai chercher l’écume au fin fond des déserts ;
Une once de lumière au profond des cavernes ;
Un grain de sécheresse au centre des citernes ;
J’irai chercher au vide un concret pour l’éther.
Ne m’abandonnez pas, je veux votre soutien.
Vous verrez, vous verrez ! J’accomplirai ma tâche !
Qu’importe si du ciel même les dieux me crachent ;
J’irai chercher le tout là où n’est que le rien.
 

Bête ; ce n’est pas ça qui te fera poète.
Regarde ton esprit, il n’a aucun volume.
Il croit que tout s’éteint et que tout se rallume.
Dans le plumage gris des oiseaux et des bêtes
Non, tu n’extirperas aucune plume bleue.
Mais tu peux la créer, tu peux l’y insérer,
Transformer l’oiseau gris en un chien de berger.
Tu peux briser la règle et trois serait un deux,
Tu peux courser le monde en restant sur le seuil,
Tu peux créer un mot, un sens et un espace,
Tu peux donner au cube une septième face
Et donner à la vie la forme d’un écueil.

 

Alors je vous supplie ! Ne me délaissez pas.
Le monde de demain sera un autre monde.
Voyez comme la neige recouvre même l’onde
Ne conservant qu’un nom pour chacun de ses bras.

Posté par ulysseh à 12:37 - Poèmes - Laisser un p'tit mot [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 déc. 2011

Malédiction sur le poète

Je vois sur moi crouler des nuées de corbeaux.
Leur griffes dans mon cou, dans mon torse leur bec,
Chacun, son tour venu, se nourrit de mon être.
De mes mots, nul ne fait quelconque métaphore.
Je deviens fou, je crois,
Et surtout je le vois.

Je sens la joie terrible et les jubilants maux.
Un Enfer qu’enjolive un iris de poète,
Et l’Eden que ternit le regard du poète.
Mais de mes mots, pourtant, pas le moindre oxymore
Etais-je fou déjà ?
Ne le savais-je pas ?

Trouble de mon esprit qui sévit depuis l’aube.
Trouble de mon esprit qui s’en prend à ma tête,
Trouble de mon corps qui s’en prend à ma tête.
Trouble. Et me croiriez-vous ? Je ne fais d’anaphore.
Trouble comme je vois,
Trouble comme est ma voix.

Pendez-moi ! Je préfère un supplice si beau.
Errer dans le désert, sans peau et le cœur sec,
Sombrer sous le bateau du royaume des spectres.
Pas la moindre ironie, c’est le clou de mon sort.
Pourtant croiriez-vous ça ?
…Un pléonasme là ?

Posté par ulysseh à 16:34 - Poèmes - Laisser un p'tit mot [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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